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Energie : Chine, une production d’électricité en perte de vitesses

Selon un communiqué officiel publié par le gouvernement chinois le mardi 19 janvier dernier,
la production d’électricité en Chine a reculé en 2015 pour la première fois depuis plusieurs
décennies. Une tendance qui reflète, outre la contraction actuelle de la croissance chinoise,
une tertiarisation de l’économie et une baisse progressive des besoins énergétiques dans le
secteur industriel.

 

Un recul historique de la production d’électricité chinoise
 

Considérées par certains comme un reflet fidèle de la santé de l’activité économique nationale,
la production et la consommation d’électricité en Chine ont de quoi inquiéter alors même que la
croissance économique s’essouffle. La croissance du produit intérieur brut (PIB) de la Chine en
2015 est la plus faible jamais enregistrée sur le dernier quart de siècle, à 6,9% ; les efforts de
réorientation de l’activité ont mis en lumière des surcapacités colossales dans des secteurs tels
que le charbon, l’acier et l’électricité.
Le géant asiatique a généré l’an dernier 5.618 milliards de kilowatts-heure (kWh), selon les
chiffres du Bureau national des statistiques (BNS), soit un recul de 0,2% par rapport à 2014. Ce
repli s’explique notamment par l’essoufflement du secteur industriel. L’activité manufacturière
s’est contractée sur une grande partie de l’an dernier, et la production industrielle n’a gonflé que
de 6,1% en 2015, contre 8,3% en 2014, selon les chiffres officiels.
« Comme les aciéries réduisent leur production, cela contracte la demande en charbon et en
électricité et le charbon est lui-même frappé par la baisse de la demande en électricité et en
ciment. Cela va être vraiment très mauvais au cours des cinq prochaines années », prédit à
L’Usine Nouvelle Xu Zhongbo, consultant dans le secteur de l’acier.


Tertiarisation de l’économie et surcapacité des centrales thermiques


La Chine s’efforce depuis plusieurs années maintenant de rééquilibrer son modèle économique
vers la consommation intérieure et les services, au détriment des industries lourdes, des
exportations et des investissements d’infrastructures. Pour la toute première fois, le secteur des
services, bien moins gourmand en énergie, a représenté en 2015 plus de la moitié du PIB
chinois.
Cette tertiarisation croissante de l’économie n’est pas sans effet sur l’industrie qui voit son
activité ralentir et réduit de ce fait ses besoins énergétiques. Comme l’explique Yang Fuqiang,
chercheur au sein du Conseil de défense des ressources naturelles, « la croissance économique
de la Chine s’est découplée de la production d’électricité par les centrales à charbon et
l’accroissement de la part des services dans le PIB de la Chine a aussi contribué à ralentir la
demande ».Ce dernier s’attend donc à un ralentissement de la croissance du secteur jusqu’en 2050 à mesure que la Chine s’engage dans sa transition énergétique. « Avec une surcapacité de production des
centrales thermiques estimée à environ 200 gigawatts, la Chine doit cesser d’approuver la
construction de nouvelles centrales », ajoute-t-il.
De même, la production de charbon a baissé de 3,5% en 2015 et devrait rester sous pression
cette année dans un secteur qui affiche des surcapacités d’environ deux milliards de tonnes par
an.


Lenergeek.com | Publié le 28 janvier 2016

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