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  • -KELLOG'S doit mettre fin au lockout


            Le fabricant transnational de produits céréaliers Kellogg’s impose un lockout à 220 membres de l’affiliée de l’UITA BCTGM depuis le 22 octobre à l’usine de Memphis, Tennessee, dans l’objectif de contraindre le syndicat à accepter un plan qui augmenterait radicalement le nombre de travailleurs/euses précaires. Dans le cadre de ce plan, tous/tes les travailleurs/euses nouvellement embauchés/es auraient un statut précaire, sans heures de travail garanties, et avec une rémunération et des avantages nettement moindres, transformant à terme l’ensemble de la structure de l’emploi de ce site. La société a intitulé ce plan « La nouvelle main d’œuvre de l’avenir ». En réponse, les travailleurs/euses et leur syndicat se battent pour la prochaine génération des travailleurs/euses de Kellogg’s.


  • Formation professionnelle : le projet d'accord comporte des avancées

    Après une ultime séance de négociation sur la formation professionnelle qui aura duré deux jours, syndicats et patronat se sont mis d'accord sur un projet d'accord ouvert à signature. La CFDT se prononcera le 19 décembre.

    « Ce texte modifie assez fondamentalement la façon de voir la formation professionnelle en France, en créant notamment des droits nouveaux pour les salariés », a expliqué d’emblée le secrétaire national Marcel Grignard en arrivant en salle de presse le 14 décembre à 3 heures du matin, après plus de 18 heures de négociations non stop. En effet, « le texte remplace pour les employeurs l’obligation de dépenser par une obligation de faire » et « ouvre la possibilité de faire de la formation un réel élément de dialogue social dans l’entreprise » . Et le secrétaire national de citer dans la colonne des points positifs, la clarification du rôle de FPSPP (fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels) désormais mieux flécher vers les petites entreprises, ou encore la confirmation du CPF (compte personnel de formation) créé par l’Ani sécurisation de l’emploi du 11 janvier 2013. « Des avancées sérieuses obtenues par la CFDT lors d'une négociaition difficile qui s'est déroulée dans un climat tendu », en grande partie du fait des dissensions au sein du patronat, conclut Marcel Grignard.

  • Détachement des travailleurs : des avancées à concrétise

    Réunis à Bruxelles le 9 décembre, les ministres du Travail des 28 États membres ont finalement trouvé un accord pour tenter de limiter les dérives du statut de « travailleur détaché », ce salarié européen qui peut travailler temporairement dans un autre pays de l’Union, moyennant le respect des conditions de salaire et de travail du pays d’accueil.

    Dépourvue de moyens de contrôle, la directive adoptée en 1996 fait régulièrement l’objet d’abus. Certains employeurs, s’appuyant sur la possibilité de continuer à appliquer pendant les deux premières années de détachement les règles de protection sociales du pays d’origine, s’adonnent à un vrai dumping social. Aussi l’idée défendue par Paris et Berlin d’un renforcement des contrôles a finalement remporté l’adhésion de la majorité des Etats membres, battant en brèche la position de pays d’Europe centrale (soutenus par la Grande-Bretagne et l’Irlande) qui craignaient qu’une régulation accrue ne remette progressivement en cause le principe du détachement.

    Par cet accord, chaque pays pourra fixer une liste dite « ouverte » de documents exigibles pour toutes les entreprises employant des travailleurs détachés et devra en informer la Commission et les autres Etats membres. Autre avancée majeure : la mise en place d’une responsabilisation des donneurs d’ordre dans les chaînes de sous-traitance. La CFDT regrette cependant que l’obligation d’un Etat de poursuivre les donneurs d’ordre au nom de la "responsabilité conjointe et solidaire" ne soit applicable qu’au secteur du BTP et puisse être remplacée par des « mesures appropriées (…) prévoyant (…) des sanctions effectives et proportionnées contre un donneur d’ordre, pour combattre les fraudes et les abus ». La CFDT, dans l’attente d’un accord entre le Conseil de l’Union et le Parlement européen consécutif à cet accord, « continuera à faire pression pour (…) permettre la défense effective des droits des travailleurs détachés, et mettre un terme à une concurrence reposant sur le moins disant social et contribue ainsi à renforcer le socle social européen ».

  • Accord sur l'emploi des jeunes 2011 : un bilan positif

    L'Ani signé en 2011 par la CFDT a permis à de nombreux jeunes d'accéder à l'emploi grâce à un accompagnement renforcé. Expérience réussie, à renouveler Selon une étude du cabinet Geste, l’accompagnement renforcé des jeunes chômeurs prévu dans l’Ani signé par la CFDT le 7 avril 2011 a produit des effets positifs.La CFDT s’en félicite, et souhaite qu’une nouvelle négociation s’engage rapidement pour que cette action soit prolongée au-delà de l’échéance de l’Ani, à la fin 2013. Cet accord prévoyait l’accompagnement renforcé dans la recherche d’un emploi, confié soit aux missions locales pour les jeunes décrocheurs, soit à Pôle emploi pour les jeunes jusqu’à bac + 2 ou à l’Apec (Association pour l’emploi des cadres) pour les diplômés du supérieur.

    En 2012, 51 325 jeunes ont bénéficié de ces dispositifs (28 505 à Pôle emploi et 22 820 dans le réseau des missions locales). Le taux de sortie en emploi durable (emploi de six mois ou plus ou création d’entreprise) a été de 43,5 % à Pôle emploi et de 28,7 % dans les missions locales ; « de très bons taux dans le paysage de l’accompagnement renforcé », selon le cabinet Geste, qui souligne « l’incidence de la forte fréquence des entretiens avec un conseiller pour l’accès à l’emploi durable ».

  • Formation professionnelle : la fin de la négociation est proche

    La secrétaire nationale Marie-Andrée Seguin, chef de file de la délégation CFDT pour la négociation sur la formation professionnelle, fait un bilan de l’avancée des travaux.

    Après une séance annulée le 21 novembre, le désaccord persiste entre le Medef et la CGPME sur la question du financement de la formation professionnelle. Dans un tel contexte, comment cette avant-dernière séance s’est-elle déroulée ?

    Nous nous étions rencontrés auparavant en intersyndicale, et tout le monde était conscient de la nécessité d’avancer dans un calendrier très serré. La formation professionnelle est un sujet important mais, au-delà, les partenaires sociaux doivent se montrer à la hauteur du dialogue social que nous souhaitons faire vivre. La question du financement, sur laquelle les organisations patronales sont en désaccord, n’est que l’un des volets de cette négociation ; ce n’est pas le seul. Il a été décidé de reporter à la séance du 12 décembre les discussions relatives au financement et de travailler sur tous les autres sujets.

    Quels sont les points sur lesquels la CF DT a insisté ?

    La réflexion progresse sur les nouveaux dispositifs – le CPF (compte personnel de formation) et le CEP (conseil en évolution professionnel) – et sur la gouvernance de la formation professionnelle. Nous nous félicitons de la mise en place d’un entretien professionnel obligatoire tous les deux ans, et nous réclamons la mise en place d’un entretien tous les six ans, qui donne lieu à une reconnaissance des compétences du salarié, formalisée par écrit. Nous allons dans le sens d’un renforcement du rôle des IRP [instances représentatives du personnel] avec l’information-consultation, voire la négociation du plan de formation. En l’absence d’IRP, la CFDT estime qu’une information directe auprès de chaque salarié doit être développée.

    Comment envisages-tu la prochaine et dernière séance, le 12 décembre ?

    Le financement étant le nerf de la guerre, il reste aux organisations patronales à prendre leurs responsabilités pour s’entendre sur ce point et permettre la poursuite des discussions. Les organisations syndicales, de leur côté, manifestent la volonté d’aboutir. Nous souhaitons, bien sûr, que cette séance du 12 soit à la fois productive et conclusive. Le gouvernement a clairement annoncé qu’il reprendrait la main si les partenaires sociaux ne s’entendaient pas. Ce serait regrettable à un moment où la démocratie sociale doit prendre toute sa place pour répondre à des enjeux considérables.

  • Travail du dimanche : un accord encadre le volontariat à la Fnac

    Si le travail du dimanche est revenu au coeur de l'actualité ces derniers jours, il a toujours été une préoccupation pour les équipes CFDT. Exemple avec la Fnac où un accord signé en 2010 a instauré un volontariat effectivement encadré et des contreparties pour les salariés.

    « Traditionnellement, la Fnac a toujours ouvert ses magasins trois ou quatre dimanches par an pendant la période de Noël, se souvient Pascale Morel, déléguée syndicale centrale CFDT. Avec des contreparties : salaire double et repos équivalent au temps travaillé. »

    Pascale MOREL-UD 92
    Pascale Morel, DSC CFDT de la Fnac

    Mais voilà, en 2009, le site de La Défense est classé zone touristique, ce qui permet aux enseignes d’ouvrir tout au long du week-end. Le travail dominical s’impose pour la Fnac du Cnit. Sans que la direction puisse garantir, 52 dimanches par an, les mêmes contreparties pour les salariés. Le combat de la CFDT porte alors sur les conditions du travail du dimanche. Un premier accord est signé pour une durée déterminée. Durant cette période, la section CFDT recueille l’opinion des salariés, leur avis, les blocages qu’ils rencontrent… Beaucoup avaient peur que la direction leur impose de travailler le dimanche.

    Le volontariat est effectivement encadré

    « La négociation a été difficile, car l’entreprise considère que l’organisation du travail c’est son affaire, raconte Pascale. Il fallait faire en sorte de satisfaire tous les salariés, ceux refusant de travailler le dimanche et ceux l’acceptant tout en voulant concilier leur vie professionnelle avec leur vie privée. Cela nécessitait un système de volontariat bien encadré. »
    En 2010, la CFDT signe un nouvel accord. Les salariés qui acceptent de travailler le dimanche doivent être volontaires et restent payés double. Le texte leur garantit le choix du jour de repos de remplacement et la possibilité de se rétracter dans certaines circonstances. Le volontariat est effectivement encadré : le salarié s’engage par écrit, sur une période de six mois renouvelable.

    LES MANAGERS COMME LES SALARIÉS ONT TROUVÉ LEUR RYTHME ET SONT SATISFAITS.

    Deux fois par an, la direction mène une « campagne de volontariat ». Chacun se voit proposer de travailler ou non le dimanche pendant le semestre suivant. Plusieurs options : le salarié peut refuser, accepter de travailler tous les dimanches, un dimanche sur deux ou occasionnellement.
    « La direction redoutait un manque de stabilité des effectifs », se remémore Pascale. Au bout d’un an et demi, la période d’ajustement a pris fin. « Les managers comme les salariés ont trouvé leur rythme et en sont satisfaits. »
    Tous les six mois, un bilan détaillé est dressé pour avoir une visibilité sur les souhaits des salariés. Cela permet également les mises au point nécessaires et une répartition équitable des dimanches travaillés. Ces bilans montrent que 50 % des effectifs refusent le travail dominical.

    Les salariés renouvellent leur confiance à la CFDT 

    « Nos collègues sont très satisfaits, ceux qui refusent comme ceux qui acceptent de travailler le dimanche, constate Pascale. L’accord leur garantit le respect de leur choix de vie et de travail. Il est vraiment basé sur le volontariat. Et le renouvellement leur offre de la souplesse. » Deux mois après la signature de l’accord, les salariés ont choisi de renouveler leur confiance dans l’équipe CFDT qui a recueilli 57 % des voix lors des élections professionnelles du magasin concerné par l’accord.

  • [Tribune] “Avec moins, faire mieux”

    Le président d'Humanité et Biodiversité, Hubert Reeves, et Laurent Berger signent ensemble une tribune intitulée "Avec moins, faire mieux". Elle a été publiée le jeudi 5 décembre 2013 dans Libération.

    Face à la situation hautement préoccupante que nous vivons sur le plan social mais aussi économique, il est de première importance que les enjeux environnementaux ne soient pas négligés. Ces trois dimensions sont liées. La qualité de la vie et la santé, par exemple, mais aussi la performance économique, sont dépendantes de la qualité des écosystèmes, de l’air et de l’eau. Négliger les problèmes environnementaux, c’est les laisser s’aggraver avec le temps, pour les retrouver plus tard, plus difficiles à résoudre.

    L’enjeu est de faire face de façon transversale aux difficultés économiques, sociales et environnementales. Pour cela, il nous faudra faire mieux avec moins. Moins de dépenses de ressources épuisables et néfastes au climat pour obtenir de l’énergie, moins d’activités polluantes, moins de pressions sur les ressources naturelles et les écosystèmes (déforestations, pêcheries excessives, érosion de la biodiversité). Moins de déchets également. C’est incontournable parce que les limites physiques de notre planète sont indépassables !

    Mais ces moins, ces abandons de gaspillage et de surconsommation, sont l’opportunité de faire mieux que ce soit pour la qualité de vie,  l’économie et social, le vivre-ensemble et le bien-être.

    Construire le «nouveau monde» reste un défi. Nous ne pourrons pas le relever avec les recettes habituelles, celles du passé. Mais pas davantage en nous enfermant dans la sinistrose, les regrets ou le déclin. Bâtir l’avenir c’est se projeter, c’est renouer avec un projet collectif ! Cessons de penser les changements uniquement en termes de gagnants et de perdants. Nous pouvons tous gagner si l’on recherche l’intérêt général. Pour cela, il nous faudra mener les transitions nécessaires dans la plus grande justice sociale.

    C’est dans cet esprit que nos organisations respectives échangent et travaillent ensemble, convaincues que cette réponse globale est la voie pour redonner du sens à un projet de société. Les solutions à trouver doivent s’inscrire dans un cadre dynamique favorisant les innovations tous azimuts, des créations d’emplois et d’activités économiques.

    Au cœur de ces solutions, le respect est le maître mot : respect des hommes et des femmes, respect de la nature, parce que notre avenir d’humains est indissociable de celui de la biosphère. Le fait que les menaces qui pèsent sur l’humanité – déstabilisations climatiques, pollution, érosion de la biodiversité – soient causées par l’activité humaine ne doit pas nous entraîner à négliger la cause des humains. Le fait que nous vivions une crise économique et sociale – chômage, pauvreté, inégalité (en France et dans le monde) – ne doit pas nous entraîner à négliger la cause de la biodiversité et de l’environnement.

    Nous défendons résolument l’importance de la prise en charge de l’humain dans toutes les circonstances. Pour cela, il faut s’insérer dans la réalité (écologique et physique) de notre planète. Au moment où des discussions s’ouvrent sur la fiscalité, repensons le rôle des puissances publiques et agissons pour un modèle de développement plus équitable. S’engager dans cette voie c’est «faire société», une société qu’ensemble nous aurons humanisée.

    Par Hubert Reeves Président d’Humanité et Biodiversité, 
    et Laurent Berger Secrétaire général de la CFD