23.02.2012
Métallurgie : échec de la négociation sur les pénibilités
Le 22 février 2012 s’est tenue la séance conclusive de la négociation de la branche métallurgie (1 400 000 salariés) sur les pénibilités.
Les fédérations syndicales FGMM-CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO ont toutes refusé de parapher le projet d’accord proposé par l’UIMM. Pour la FGMM-CFDT, ce projet est très insuffisant :
1°) Il lui manque un volet « réparation et compensation » des pénibilités, que l’UIMM refuse d’envisager. La CFDT proposait notamment l’instauration d’un fonds paritaire financé par les entreprises, pour prendre en charge un système de cessation anticipée d’activité pour les salariés exposés à des risques professionnels de détérioration de leur santé et/ou de leur espérance de vie.
2°) L’unique volet du projet porte sur la prévention des pénibilités, avec des aspects intéressants mais sans moyens effectifs de mise en œuvre dans les entreprises. La FGMM-CFDT proposait notamment une obligation pour les entreprises de fixer des objectifs chiffrés d’amélioration des conditions de travail et d’en rendre compte au CHSCT, l’instauration de « conseillers en prévention » pour les PMI-TPI, un allongement de 3 à 5 jours de la formation des membres des CHSCT des entreprises de 50 à 300 salariés, c'est-à-dire un alignement sur la durée de formation prévue par la loi dans les entreprises de plus de 300 salariés. Conformément à la loi, cette tranche d’entreprises de 50 à 300 salariés, aurait pourtant été dispensée, en cas d’accord de branche, de la négociation légale obligatoire à leur niveau.
La FGMM-CFDT constate ainsi, à regret, que le patronat de la métallurgie ne prend pas toutes ses responsabilités en matière de pénibilités du travail. C’est un choix qui pénalise injustement les salariés victimes ou soumis à des risques professionnels. C’est aussi un choix mercantile, de court terme, qui se retournera contre les entreprises elles-mêmes, dont un très grand nombre n’ont pas les moyens de traiter seules de cette question. Pourtant, prévenir la pénibilité du travail, c’est un facteur de bien-être au travail qui améliore la compétitivité, c’est éviter des procès coûteux « en réparation », c’est favoriser l’attractivité de la branche, notamment aux yeux des nouvelles générations.
Après l’échec des négociations nationales interprofessionnelles et celui des négociations dans de nombreuses autres branches, pour parvenir enfin à une juste réparation des pénibilités, la FGMM se fixe comme prochaine étape, le rendez-vous sur les retraites que la CFDT a obtenu pour 2013 au plus tard. La FGMM-CFDT appellera les responsables politiques de la nouvelle mandature à créer un dispositif légal national de prise en compte des pénibilités dans la détermination de l’âge de départ en retraite et à définir le cadre d’une reprise des négociations de branche sur la prévention des pénibilités, assorti d’une obligation de moyens de mise en œuvre pour les entreprises.
11:11 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Convention collective nationale Services à la personne : la CFDT exerce son droit d’opposition
La Fédération des Services CFDT s’est opposée à l’entrée en vigueur de la Convention collective nationale Services à la personne – N°3370 signée le 23 janvier 2012 par la CFTC et la CFE-CGC. L’opposition étant majoritaire (3 organisations syndicales : CGT, FGTA-FO et CFDT), cette Convention collective devrait être réputée non écrite.
Ce droit d’opposition exercé par la Fédération des Services CFDT vient en soutien des intérêts des salariés du secteur des entreprises de services à la personne. Secteur très féminisé et majoritairement touché par le travail à temps partiel et la précarité. L’économie générale de cette Convention collective est trop défavorable aux salariés et augmenterait leur précarisation du fait, par exemple, du travail des fériés et des dimanches non majoré, de 4 interruptions possibles dans une même journée, d’un périmètre d’intervention démesuré (60 kilomètres ou 90 minutes de rayon), de l’augmentation de la durée quotidienne maximale du travail d’autant plus que tous les temps de trajets et de déplacements entre les interventions ne sont pas comptabilisés en temps de travail effectif. Il n’y a aucune condition particulière de travail des femmes enceintes, venant d’accoucher ou allaitant, ce qui parait incontournable dans ce secteur d’activités féminin à plus de 95%. Cette CCN imposerait aussi des délais de prévenance de 7 et 10 jours pour exercer son un mandat syndical, du jamais vu !!
On se demande bien comment dans de telles conditions les salariés pourraient concilier vie professionnelle et vie privée, et comment une telle fragmentation du travail ne porterait pas atteinte à leur santé.
Un des objectifs majeurs de la partie patronale est de légaliser par le biais de cette CCN des pratiques illégales comme le « temps partiel choisi » et la possibilité de faire peser sur les salariés toutes les contraintes d’organisation de ce secteur d’activités. Le plus paradoxal est que les employeurs sont les premiers à se plaindre du « turn-over » dans ce secteur qu’ils ne cherchent même pas à rendre attractif ni à fidéliser les salariés.
La CFDT croit à ce secteur d’activités et souhaite toujours un cadre plus attractif pour les salariés de ce champ professionnel.
10:58 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Intempéries : grand froid sur les salariés de la production agricole
RTT, récupération d'heures supplémentaires, anticipation sur les congés payés, congés sans solde... telle est la note payée par les salariés de la production agricole dans toutes les régions où l'activité économique de la production agricole a été gelée.
La FGA-CFDT fait remarquer qu'au moment où ce gouvernement, relayé par certains employeurs, tente de remettre en cause les 35 heures, les accords de modulation du temps de travail dans la production agricole permettent à ce jour une organisation et un aménagement du temps de travail sur les exploitations agricoles qui ont largement été utilisés lors de la période de grand froid que nous venons de traverser. Ces derniers tordent le cou à tous les préjugés sur les 35 heures. Et les employeurs sont bien contents de pouvoir les utiliser.
En marge de ces accords, la FGA-CFDT estime que la Formation Professionnelle Continue doit être un levier pour former les salariés en période d'inactivité et dénonce le fait, qu'avec les périodes de grand froid, certains employeurs contraignent les salariés à anticiper sur leurs congés ou pire, leur imposent des congés sans solde...
10:51 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Enquête proposée aux personnels administratifs et de service, personnels d'éducation et documentalistes des établissements d'enseignement privé
Personnels de droit privé des OGEC, la Fep CFDT veut faire connaître aux employeurs, votre sentiment sur la nouvelle reclassification qui vous a été appliquée. Merci d’y apporter votre contribution. Ce questionnaire comprend une quinzaine de questions, dont la plupart sont simplement des options à cocher. Il vous prendra 5 à 10 minutes de votre temps. Merci !
L’enquête sur www.fep.cfdt.fr
10:44 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.02.2012
Le président de la République a "une conception autoritaire de la démocratie"
Invité de RTL, le 21 février 2012, François Chérèque à remis les choses au point suite aux attaques indignes de ces derniers jours contre la démocratie sociale et les syndicats.
« Pourquoi autant de violence? », s'est interrogé François CHEREQUE en se disant « inquiet » face à la « démarche autoritaire que veut nous imposer Nicolas Sarkozy. Quand nous avons signé les accords sur la formation professionnelle, sur le marché du travail, personne n'a dit qu'on faisait obstacle à la modernisation du pays. Quand nous avons signé un accord sur la représentativité syndicale (...), le président de la République a fait un article dans le Monde, en se félicitant de la modernité des organisations syndicales qui s'engageaient. Pourquoi le président de la République dit l'inverse de ce qu'il a fait pendant cinq ans? Parce qu'il a une conception de la démocratie qui n'est pas la mienne: que les corps intermédiaires se mettent entre lui et le peuple et qu'il veut fonctionner sans avoir de débats avec ce qu'on appelle la société civile. C'est une conception de la démocratie autoritaire, que la CFDT ne partage pas. Nous nous y opposerons »
François Chérèque a ironisé sur la proposition de référendum sur la formation des chômeurs : « On peut aller vers une amélioration, mais, franchement, faire un référendum sur ce sujet-là, je pense que ce n'est pas utile. Le Premier ministre a parlé de 30 milliards d'euros. C'est la totalité de ce qui est dépensé pour la formation professionnelle, dont 40% sont déjà utilisés pour les personnes sans emploi, pour les jeunes en insertion, pour les apprentis, pour les chômeurs, le reste c'est pour de la formation dans les entreprises ou dans les fonctions publiques ».
Consacrer tous ces moyens pour la formation des chômeurs, « ça n'a pas de sens et ce serait ridicule ! » ajoutant que le gouvernement, «qui a démantelé l'AFPA (formation professionnelle), qui a supprimé systématiquement les allocations de fin de formation pour les chômeurs, qui a ponctionné dans un fonds mis directement sur les basses qualifications et les chômeurs (le FPSPP)», «ne peut nous reprocher de faire l'inverse de ce qu'il a fait».
16:18 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note